By: Marianne Benichou On: octobre 18, 2016 In: Digital, Expérience client, Transports Comments: 0

Qu’il s’agisse d’une stratégie longuement préméditée ou d’une réaction purement opportuniste à ses déboires comptables sur son activité historique, Uber semble bien être en train de déplacer son barycentre vers le B2B. Et c’est bien sur ce terrain-là qu’il pourrait profondément refaçonner le concept même de transport.

Les multiples avatars du dieu Uber

D’UberEATS à son service de livraison, Uber a multiplié les lancements ces derniers mois. Si certains relèvent d’une approche classique dans le secteur (citons notamment les accords avec des sites de réservation d’hôtels), d’autres, en revanche, témoignent de l’avance significative qu’a pris Uber dans sa conception du transport.

Citons ainsi :

  • L’accord avec mondocteur.fr, qui permet aux patients de commander directement sur le site un VTC leur permettant de se rendre chez leur praticien.
  • Le partenariat avec Sogeti, qui à travers d’Uber4Sogeti offre aux candidats la possibilité de se rendre à leur entretien de recrutement gratuitement en VTC.
  • Un service de conciergerie intégré, permettant à certaines marques aujourd’hui essentiellement nord-américaines, d’offrir un service de chauffeurs à leurs clients.

L’uberisation 2.0

La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas. La plus grande disruption d’Uber sera de persuader l’usager que le transport n’existe plus. En effet, en poussant le concept de Mobility as a Service (MaaS) à son extrême, Uber transforme le trajet en un simple constituant d’une expérience globale. Il ne s’agit ainsi plus simplement de se déplacer pour pouvoir accéder à un service, mais bien de consommer un service complet, incluant le transport – en l’occurrence : la visite médicale, l’entretien professionnel ou la séance shopping.

La cible du transporteur n’est donc plus l’usager mais le fournisseur initial du service pour qui le transport devient levier d’acquisition ou de fidélisation. L’ancien chantre de la révolution du C2C ouvre ainsi clairement le champ à un véritable marché du B2B du transport de personnes.

Une bonne nouvelle toutefois pour les transporteurs ? Cette uberisation 2.0 est encore à venir.

Le champ de bataille de la digitalisation du paiement et du titre de transport

Il est ainsi encore temps de la rattraper en améliorant, notamment par le digital, l’agilité et la simplicité des services de mobilité existants. L’étape suivante sera alors le renforcement des liens avec un écosystème élargi. Seule une réflexion approfondie prenant comme épicentre non plus l’usager des transports en commun mais l’usager urbain peut permettre de construire, brique par brique, les services transport  à proposer demain à des partenaires.

Une telle démarche ne peut toutefois réussir qu’à la condition de repenser et digitaliser les modalités de paiement et les éventuels titres associés de façon à permettre une intégration dans un parcours client tiers. Sans cela, l’usager sera par trop pénalisé par le manque de fluidité du parcours ; et les transporteurs historiques, trop centrés sur leur propre secteur, manqueront le train du MaaS.

Le transport est mort. Vive le transport.

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