08/11/13

Le marché de l’énergie au ralenti attend une décision du gouvernement

Décryptages

Pour la 2ème année VERTONE a assisté au Congrès GAZELEC rassemblant le 15 et 16 octobre derniers les décideurs qui font le marché de l’énergie. Mais, en réalité, que s’est-il vraiment passé en un an ?

Retour sur un panorama réglementaire qui manque cruellement d’éclairage.

De même qu’en 2012, les fournisseurs (EDF, GDF, ENEL, EON…), les régulateurs (CRE, DGEC), les infrastructures (RTE) et de nombreux sachants du marché de l’énergie se sont entendus sur le fait qu’aujourd’hui les marchés de l’énergie sont dans l’échec.

Le modèle qui voulait faire évoluer le marché de l’énergie par l’aval – c’est-à-dire en développant les commercialisateurs alternatifs – ne marche pas, au contraire de ce qui a été fait dans les télécoms ou l’aérien.

Construire le marché par le droit ne fonctionne pas.

La commission européenne est dans un état incantatoire et a du mal à s’imposer notamment face à l’Allemagne. Les décisions actuelles prouvent que les marchés se referment au niveau national. En effet, chaque pays est en permanence tiraillé entre des pensées libérales (ouverture des marchés) et la sécurité de l’alimentation qui est prérogative régalienne. Or, les avis sont différents en Europe sur les moyens de production, les coûts énergétiques, …  le consensus sera donc difficile.

Pour résister sur le marché, les opérateurs alternatifs s’intègrent verticalement (ex : Poweo et Direct Energie) et vont de la production à la commercialisation, ce qui est l’inverse du marché anglais. Ces opérateurs alternatifs deviennent des « mini EDF » et « mini GDF », contrairement à l’Angleterre où il existe des purs opérateurs ou des purs distributeurs.

De plus, les acteurs ont besoin de temps pour  faire des investissements. L’Etat doit leur envoyer des signaux positifs permettant de décider d’investissements importants et structurants. Or les décisions nationales sont erratiques, elles ruinent la confiance des investisseurs dans le système. Il manque les principes de base : stabilité et intelligibilité de la règle donnée par l’Etat,… il y a une incapacité d’adresser via des textes de lois des signaux clairs. C’est un problème majeur en France, plus que dans d’autres Etats, mais c’est aussi un problème au niveau européen.

Selon le Directeur des achats d’Arcelor Mittal Uniden, représentant sans doute le point de vue de nombreuses entreprises électro-intensives (fortement consommatrices d’électricité), « pour 2014, le match est tout vu, France vs Allemagne : 30% d’écarts sur le prix de l’énergie », plus avantageux en Allemagne … Mauvaise augure pour nos emplois  sur le territoire national ?

Le débat autour de l’ARENH* stagne, pour ne pas dire qu’il piétine ou s’embourbe

Et la récente décision de le stabiliser encore à 42€ jusqu’à la fin du premier trimestre 2014 ne montre pas d’amélioration. Si les changements de marché ne se font pas au niveau du prix, les intervenants suggèrent d’attaquer le problème par l’amont, par la production : ainsi le 1er débat de GAZELEC s’est terminé sur une lueur d’espoir autour des concessions hydroélectriques. Celles-ci arriveraient à échéance et leur exploitation pourrait être mise sur le marché : ainsi des opérateurs alternatifs d’électricité pourraient de se doter de moyens de production et moins dépendre d’EDF.

L’hydroélectrique peut-il sauver le marché de l’énergie et lui sortir la tête de l’eau ?

*Accès régulé à l’électricité nucléaire historique

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