Souvent considéré comme l’antre du gadget tech au cœur du royaume de la superficialité, le CES faisait en 2019 de la Resilience un de ses thèmes phare.

La résilience au cœur des préoccupations

Il est peu de dire que ce choix s’imposait dans le contexte général de 2018, fait au mieux d’incertitude et trop souvent de catastrophes, qu’elles soient naturelles, écologiques, politiques, humanitaires ou sociales. On pourrait également y lire une réponse-réflexe au pessimisme ambiant, puisque d’après le Global CEO Survey 2019 de PWC, près d’un tiers des PDG s’attendent à une dégradation de l’économie, soit +24 pt par rapport à 2017.

Il y a une troisième raison sans doute : celle que constitue le RGPD européen et la médiatisation des déboires de Facebook et de la mise en accusation de Google, dont Apple s’est gaussé en limitant sa présence à un inratable affichage clamant : ce qui se passe sur votre téléphone, reste sur votre téléphone.

La careful tech

Un parcours attentif des allées du CES vient confirmer cette analyse : alors même que de nombreux systèmes intégrant la reconnaissance faciale étaient présentés, la cybersécurité et la protection de la vie privée semblent dans toutes les têtes : dispositif d’anonymisation à la volée (permettant de filmer les faits et gestes des passants… tout en modifiant leur visage), caméra intelligente sans stockage de données personnelles, équipements de chiffrement portables, algorithmes pointus de sécurisation des voitures autonomes, etc.

Plus généralement, la technologie se fait plus sobre, et plus discrète, du point du vue du design notamment, et plus frugale, dans sa consommation d’énergie.

La tech for care

Bien plus, la technologie est mise au service de l’environnement, de la santé, du bien-être et du développement humain.

Il n’est ainsi pas anodin que le Best Product Launch de 2019 ne soit pas un produit média ou IT mais bien… un burger, l’impossible burger 2.0, entièrement à base de plantes et aux mêmes propriétés (et goût) qu’un steak de bœuf.

De nombreux produits étaient ainsi présentés avec pour vocation le bien-être (l’éternelle sleeptech…) ou plus généralement l’inclusion et l’accessibilité, depuis les aides auditives intelligentes jusqu’au fauteuil roulant autonome (Whill Next).

D’un point de vue purement marketing, et non dénué de cynisme, on pourrait y voir l’incursion du digital marchand dans les derniers bastions du 100% humain, du bien-être à la gastronomie. On pourrait plus simplement y voir le signe de l’intégration à présent totale de la technologie à nos vies – rendant, pour boucler la boucle, sa résilience d’autant plus critique.

Mais la présence au CES de produits low tech et/ou exclusivement tournés vers le care et l’inclusion porte finalement un autre message, celui d’une technologie au service de l’humain et de son bien-être, au bénéfice de tous.

En effet, les Innovation Awards ont mis en avant des innovations répondant à des problématiques environnementales… et faisant la part belle à la low tech : capteurs de fuites d’eau pilotés au SMS, avec le capteur de Blue Whale Company, le cuiseur solaire de GoSun, ou encore la solution d’Heatworks qui invente littéralement l’eau chaude… avec une solution 99% plus efficiente énergétiquement.

Un des coups de cœur de l’équipe VERTONE est ainsi une innovation technologiquement sans attrait : la solar cow des coréens de Yolk repose en effet sur de la pure innovation sociale, déjà expérimentée au Kenya : une « vache » en panneaux solaires est envoyée brouter devant une école et chaque enfant se voit remettre une batterie dont le design rappelle celui d’un bidon de lait, et suffisante pour alimenter une famille pendant une journée. Chaque jour, les familles envoient ainsi leurs enfants à l’école pour pouvoir recharger leur batterie, économisant ainsi, d’après la start-up, environ 20% de leur revenu consacré à l’électricité et jusqu’à 6h de marche quotidienne jusqu’à la station de recharge la plus proche.

L’optimisme raisonnable du TechCare

La technologie pour sauver le Monde, un doux rêve ?

La prise en compte des problématiques économiques tend à prouver l’inverse. Et Mounir MAHDJOUBI ne s’y est pas trompé en annonçant lors de sa visite en téléprésence de la French Tech la création du NEXT 40 : Ce sera un indice, déterminé par un jury indépendant, des 40 start-ups françaises dont on considère qu’elles ont le plus fort potentiel, et de développement économique, et d’impact sur la planète et sur les humains.

Marianne BENICHOU, avec l’équipe VERTONE CES2019

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