By: admin On: juillet 26, 2013 In: Secteur Public Comments: 0

« Si l’on partage des données sur le Web, des données publiques, des données scientifiques, des données citoyennes, quelles qu’elles soient, d’autres que nous, sauront en tirer des créations merveilleuses que nous n’aurions jamais imaginées. »

C’est le principe fondamental de l’Open Data exposé par Tim Berners-Lee, l’inventeur du Web.

Engager une démarche Open Data, c’est rendre accessible et facilement réutilisable par tous une sélection de données brutes.

Si les organismes publics sont particulièrement concernés par l’Open Data, une telle démarche peut aussi être porteuse de sens pour des entreprises privées.

Une démarche obligatoire pour les établissements publics…

Lancées par les pays anglo-saxons dès 2009 avec le portail « data.gov » aux Etats-Unis et « data.gov.uk » au Royaume-Uni, les initiatives Open Data publiques émergent maintenant en France et concernent aussi bien des mouvements citoyens locaux que des villes, départements, régions ou même directement l’Etat Français…

En effet, la législation française comprend depuis 2005 un droit opposable portant sur la réutilisation des données publiques (à l’exception des données dites « sensibles » ou « privées »).

Ville pionnière en France, Rennes a ouvert dès mars 2010 une partie de ses données publiques pour aboutir aujourd’hui à pas moins de 118 jeux de données publiques mis à disposition sur la plateforme data.rennes-metropole.fr. De ces données, sont nés plus de 60 services disponibles sur Internet fixe et/ou mobile, sur des thématiques variées telles que les transports, l’accessibilité, l’environnement ou la culture.

Cette initiative permet notamment à Rennes Métropole d’exploiter à moindre coût des données jusqu’à présent réservées à un usage interne, de développer la citoyenneté au niveau de son territoire via la transparence de ses données publiques et enfin de valoriser au niveau national, son image de territoire innovant. En parallèle, les habitants et les usagers de la ville jouissent d’une offre unique en France en termes de nombre d’applis en lien avec leur territoire et de diversité des thématiques traitées.

Autre exemple, depuis le lundi 5 décembre 2011, l’Etat français a emboîté le pas à ses voisins anglo-saxons et est entré dans l’ère de l’Open Data via la plateforme « data.gouv.fr » coordonnée par l’organisme public Etalab (entité en charge de l’harmonisation et de la diffusion des données produites par les administrations).

C’est au total 90 producteurs de données publiques[i] (ministères, collectivités locales, établissements publics) qui mettent à disposition plus de 350 000 jeux de données publiques sur une multitude de sujets : sécurité et criminalité, emploi et chômage, fiscalité locale, géolocalisation des transports et des services publics, budget de l’état, environnement et qualité de l’air, …

Au-delà de la mise à disposition de jeux de données, Etalab a également présenté le 17 février 2012, son programme d’incitation à la réutilisation des données publiques intitulé « Dataconnexions » qui vise à réunir une trentaine d’acteurs de l’innovation (grandes entreprises, pôles de compétitivité, …) et une multitude de porteurs de projet qui se retrouveront lors de temps forts et notamment lors de 4 concours prévus en 2012 visant à récompenser les meilleurs applications ou services réutilisant des données publiques.

qui peut se révéler être une opportunité pour tout un écosystème

En parallèle de ces actions publiques, des entreprises privées commencent à réutiliser des données publiques et réfléchissent même à une ouverture de leurs propres données.

Selon une récente étude, 40% des entreprises ont entrepris une démarche plus ou moins avancée en matière de réutilisation de données publiques[ii].

Enrichir les analyses et les études, développer et améliorer son offre de produits et services apparaissent comme les principaux bénéfices recherchés par ces entreprises.

Pour preuve, Orange a lancé fin 2011 le site « Où habitez-vous vraiment ? » en association avec OWNI, la Fing et Everydatalab[iii]. Le site Web, qui invite les internautes à revisiter leur territoire sous forme de test exploitant les informations fournies par les données publiques, a connu un véritable succès avec plus de 20.000 utilisations en moins de 2 mois.

Les résultats, recueillis par les chercheurs du laboratoire de Sciences Humaines et Sociales d’Orange, permettront de mener une première analyse sur les effets de la mise à disposition des données publiques dans les représentations des internautes de leurs institutions, de leurs services publics et de leur territoire.

Au-delà de la réutilisation de données publiques, quelques initiatives d’ouverture de données sont déjà engagées par des entreprises. Ces actions visent prioritairement à créer un écosystème de partenaires, qui vont contribuer à moindre coût au développement de services innovants et à la satisfaction des clients.

Dans ce sens, la SNCF a lancé en 2011 une réflexion autour de l’Open Data qui s’est traduite en 2012 par la mise en place d’un site dédié et par le lancement d’un concours d’idées pour la création d’applications mobiles destinées à mieux informer les voyageurs sur leurs déplacements. Après 100.000 visites en 2 mois et 2.037 propositions d’applications, 4 concepts ont été sélectionnés, qui seront développés lors des « Hack Days SNCF Transilien » qui se tiendront en juin à Paris et seront à terme intégrés au magasin en ligne « Transilien Store » pour les mobinautes.

Au final, la décision d’engager une démarche Open Data doit être réfléchie au regard des bénéfices qu’elle peut apporter à l’entreprise, en lien étroit avec les objectifs de sa stratégie digitale et de sa stratégie d’innovation.

Par ailleurs, la sélection et l’ouverture de jeux de données constituent seulement le premier niveau de la démarche. Afin de favoriser l’innovation et la créativité des réutilisateurs, il est essentiel que la démarche Open Data ne soit pas bridée et soit soutenue par un dispositif d’animation continue des communautés.

Enfin, comme dans tout projet, la mesure d’indicateurs de performance est capitale pour s’assurer que la démarche Open Data mise en place se révèle bien être un levier de création de valeur qui réponde aux objectifs et enjeux définis initialement

Sources

[i] http://www.data.gouv.fr/

[ii] Etude bluenove / BVA – septembre 2011

[iii] http://www.orange.com/fr_FR/presse/communiques/cp111201fr.jsp

 

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