Avec le lancement d’Oriance, Crédit Agricole affiche une ambition claire : proposer une assurance vie “simplifiée, moderne et accessible”, notamment pour toucher la clientèle des jeunes actifs.
Dans les premières communications, CA met en avant :
- Une assurance-vie 100 % digitale ou avec conseiller, au choix
- Une diversité des supports, notamment avec les ETF (via Amundi), le non-côté et l’investissement responsable
- Des frais plus lisibles et plus compétitifs
Sur le papier, le nouveau contrat d’assurance vie assuré par Predica coche les cases des attentes de la nouvelle génération.
Contexte de démocratisation de l’investissement
Ce positionnement est révélateur d’un mouvement de marché plus profond : la démocratisation de l’investissement.
Il est impulsé par les exigences de la nouvelle génération d’épargnants…et par les nouveaux standards de marché établis par les acteurs digitaux :
- Simplicité et Transparence
- Faibles frais
- Accès à des produits à performance potentielle élevée (ETF, private equity, structurés, crypto, SCPI « sans frais »…)
- Faibles tickets d’entrée
- Pédagogie financière
Les acteurs historiques réagissent à leur tour pour limiter l’attrition de clientèle jeune à potentiel voire pour repartir en conquête sur cette cible. Nous le voyons par exemple avec BPCE sur la crypto-monnaie, ou avec les campagnes ETF x Amundi récentes du Crédit Agricole. Le lancement d’Oriance s’inscrit dans cette dynamique de reconquête des parts de marché sur la clientèle jeune et connectée.
4 enjeux clés pour émerger
L’offre du Crédit Agricole se distingue des produits d’assurance-vie des acteurs traditionnels. Cependant, si elle souhaite également concurrencer les acteurs digitaux sur leur propre terrain, celui des jeunes actifs, elle devra relever 4 challenges :
1. La simplicité et l’accessibilité réelle
Les acteurs digitaux, comme récemment Mon Petit Placement, proposent des formules et tarifications simples et des tickets d’entrée à partir de 100€.
Avec Oriance, Crédit Agricole propose à partir de 300€ 2 formules (Essentielle, Premium), 3 possibilités de modes de gestion (libre, conseillée, sous mandat) et 2 possibilités de souscription (digital, conseiller), en somme un produit modulable mais quelque peu complexe. D’autant plus que les combinaisons de choix font varier les frais et les unités de compte disponibles.
La promesse de simplicité devra donc être validée dans les parcours et l’expérience client.
2. La compétitivité des frais
La suppression des frais d’entrée et d’arbitrage est devenue un standard des acteurs digitaux.
Sur son offre selfcare, Oriance s’aligne sur ces pratiques. En termes de frais de gestion, l’offre affiche 0,8 %, aussi bien sur le fonds € que sur les UC. Cette uniformisation des frais de contrat conjuguée à la suppression des frais d’entrée et d’arbitrage est à remarquer car rare sur le marché des acteurs historiques de l’épargne.
Reste le sujet du coût total avec les frais propres aux UC (ex : 1,7 % annoncé en moyenne sur les fonds actions). La possibilité d’opter pour des ETF en gestion libre, avec des frais de gestion souvent inférieurs à 0,25%, sera donc clé pour réellement contenir les frais globaux.
3. Le modèle hybride
Les pure players comme Ramify ou Nalo permettent une autonomie digitale complète du client avec une activation ponctuelle d’un conseiller expert sans surcout.
Si par « l’hybride » Crédit Agricole propose un modèle similaire alors il se différenciera largement de ses concurrents historiques. Si le choix « digital ou conseiller » est rigide à la souscription, l’avantage concurrentiel s’atténuera largement.
4. La bataille de la visibilité
La nouvelle génération s’informe de plus en plus via les réseaux sociaux, les créateurs de contenu finance (souvent sponsorisés par des acteurs financiers) et des formats pédagogiques courts (ex : feuilles volantes de Guillaume Simonin) ou longs (ex : interview sur Legend).
Les acteurs digitaux étant massivement présents sur ces canaux, le succès d’Oriance ne dépendra pas uniquement du produit, mais aussi de sa capacité à émerger dans ces médias. En agence, les conseillers seront quant à eux surement promoteurs de cette nouvelle offre, un atout pour répondre aux attentes de la nouvelle génération et qui permet également de valoriser le conseil humain.
Au-delà d’un simple lancement, Oriance constitue donc un test stratégique : un acteur historique peut-il s’aligner sur les standards digitaux tout en valorisant ses atouts majeurs, à savoir ses humains et sa position de tiers de confiance ?
Vertone vous accompagne
Face à l’évolution rapide des attentes de la nouvelle génération d’épargnants et à l’intensification de la concurrence des acteurs digitaux, la capacité des banques historiques à transformer leur offre d’assurance-vie est un enjeu de pérennité majeur.
Vertone accompagne les acteurs de la Banque et de l’Assurance dans le décryptage de ces nouvelles dynamiques de marché et la conception de dispositifs de conquête efficaces.
De la définition de la stratégie de segmentation à l’optimisation des parcours clients hybrides, nos experts vous aident à aligner vos produits sur les standards du marché (transparence, frais, accessibilité) tout en valorisant vos actifs stratégiques : la force du conseil humain et la puissance de votre image de tiers de confiance.
*Crédit photo : Crédit Agricole