04/07/16

Véhicule autonome – Drive my car : c’est quand le futur ?

Décryptages

Ce n’est plus de la science-fiction – à peine de la prospective : des poids lourds sans conducteur sont déjà en circulation au Nevada, des véhicules autonomes à Rotterdam, des taxis-robot à Tokyo et des voitures sans chauffeur en périphérie d’Abu Dhabi. Et les annonces se multiplient : Singapour inaugurera 24 véhicules d’ici fin 2016, Uber vise un parc 100% automatisé d’ici 2030 alors que Dubaï a organisé sa self-driving transport strategy autour d’un objectif de 35% de véhicules autonomes sur son territoire au même horizon.

Les faits sont donc têtus et la réalité pressée.

France Stratégie, l’organisme de réflexion placé auprès du Premier Ministre, ose ces jours-ci un scénario de rupture dans lequel 100% des véhicules en circulation en France seraient autonomes d’ici 2040.

Au-delà de cette bataille prédictive, il convient de prendre rapidement la pleine mesure des impacts de cette automatisation. Morgan Stanley les estimait ainsi en janvier 2015 à 1 300 milliards de dollars d’économie annuelle pour les Etats-Unis seulement. Le plan stratégique de Dubaï pour le développement du véhicule autonome table quant à lui au niveau national sur une économie annuelle de 22 milliards de Dirhams, soit environ 5,2 milliards d’euros.

Projetons-nous :

D’après les estimations de VERTONE, le remplacement  en 2016 en France de l’ensemble des véhicules, individuels comme collectifs, privés comme publics, par des véhicules autonomes entrainerait la réinjection immédiate dans le porte-monnaie des ménages de près de 200 milliards d’euros annuels. C’est aujourd’hui 10% du PIB. L’Etat, quant à lui, économiserait dans le même temps plus de 25 milliards d’euros, hors politiques énergétiques ou de lutte contre la pollution.

En parallèle, toutefois, c’est une révolte des canuts sans précédent à laquelle les politiques publiques et entreprises privées devraient faire face : hors impacts sur la filière de fabrication automobile elle-même, c’est plus de 600 000 emplois directs (estimation VERTONE), essentiellement peu voire pas qualifiés, qui seraient supprimés, soit une hausse du chômage de près de 20 %.

Les impacts sont tels que les débats sur le calendrier n’ont que peu de sens. Parmi tous les acteurs concernés, les transporteurs publics devraient ainsi d’ores et déjà consacrer une partie de leurs efforts à une réflexion sur la petite sœur de leur transformation digitale : leur transformation autonome.

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