By: Fabienne GOARZIN On: octobre 23, 2015 In: Formation Comments: 0

Dans le domaine de la formation professionnelle, les techniques d’animation au service de l’apprentissage sont nombreuses – cas pratiques, cas fil rouge, jeux de rôle, saynètes de présentation ….. Elles ont pour objectifs de rendre une formation plus vivante, de maximiser l’attention des participants et de favoriser l’intégration des contenus (compréhension et mémorisation).

Parmi ces techniques d’animation, les serious games (intégration du jeu au service de la formation) même s’ils ne constituent pas un mode d’animation radicalement nouveau en soi,  rencontrent un certain succès auprès des entreprises faisant appel à de la formation professionnelle pour leurs salariés. 

Au travers de 3 questions posées à Constance Lemoine, Senior Manager chez VERTONE et en charge du développement de l’Institut VERTONE,  nous allons décrypter les bonnes pratiques qui y sont associées et les écueils à éviter.

Question à Constance Lemoine : quels sont les apports des serious games par rapport aux autres techniques d’animation ?

Constance Lemoine : de mon point de vue, le serious game présente 3 vertus principales dans le domaine de la formation professionnelle et propices à l’apprentissage. En premier lieu, le serious game créé un climat d’apprentissage favorable dans la mesure où il amplifie l’attention des stagiaires (nous avons tous été un jour ou l’autre pris véritablement dans un jeu au point d’en oublier tout le reste). Le jeu facilite le « lâcher prise » indispensable à l’intégration de nouveaux concepts, de nouvelles méthodes de travail … plus précisément le jeu oblige le stagiaire à se plonger dans un monde (celui du jeu) dans lequel ses habitudes, ses modes de fonctionnement habituels, ses conventions, ses idées reçues n’ont plus lieu d’être. Enfin, le serious gamme parce qu’il implique émotionnellement le stagiaire dans la formation permet une meilleure mémorisation des contenus de formation.

Question à Constance Lemoine : qu’est-ce qui motive l’utilisation d’un serious game plus qu’une autre technique d’animation ?

Constance Lemoine : avant de se lancer dans la conception d’un serious game, il faut vérifier que ce mode d’animation est le plus adapté à la fois aux objectifs pédagogiques de la formation mais également au contexte des stagiaires.  A titre d’exemple, l’Institut VERTONE a récemment conçu et animé une formation destinée à un groupe privé de transport public de voyageurs pour laquelle il a semblé particulièrement intéressant d’intégrer une animation basée sur un serious game pour plusieurs raisons :

  • Il s’agissait de faire intégrer aux stagiaires une démarche commerciale toute nouvelle (passer d’une vision produit à une vision client) ; le serious game a facilité cette intégration en permettant aux stagiaires de mettre en pratique cette nouvelle démarche pas à pas au travers des différentes manches du serious game ;
  • Il était important dans le cadre de cette formation de « forcer » les stagiaires à analyser leurs marchés en mettant de côté leurs réflexes habituels de travail ; le serious game ancré sur un monde imaginaire avec des clients d’un genre nouveau (des elfes, des gobelins, des nains, des farfadets) a incité les stagiaires à mettre en œuvre les démarches d’analyse proposées de A à Z sans aucun a priori ;
  • Le monde imaginaire conçu pour ce serious game a aussi fortement marqué les esprits et constitue de fait un vecteur de mémorisation des principes, méthodes et outils associés à la nouvelle démarche commerciale (la nouvelle démarche commerciale étant désormais totalement associée à ce monde imaginaire dans l’esprit des stagiaires).

Question à Constance Lemoine : quels sont les facteurs clés de succès d’un projet de serious game au service de la formation ? quels sont les écueils à éviter ?

Constance Lemoine : le serious game requiert en termes d’ingénierie notamment une charge de travail importante et donc un coût non négligeable pour l’entreprise demandeuse. Il est donc primordial de ne pas faire un serious game pour faire un serious game !

Par définition, le serious game impose par lui-même un apprentissage (comprendre les règles du jeu, les intégrer, les mettre en pratique, jouer … pour gagner !). Le serious game est par conséquent plus adapté à des sessions de formation longues (2 jours a minima).

Le serious game prendra également tout son sens s’il y a un vrai en-jeu pour les stagiaires derrière : il doit rassembler des compétiteurs qui s’affrontent pour remporter un challenge.  Il faut avant de se lancer vérifier que le sujet de formation se prête à ce type de dynamique d’animation.

Qui dit jeu dit travail collectif : le serious game sera par conséquent bien adapté pour des thématiques de formation faisant la part belle au travail d’équipe (réfléchir ensemble sur une thématique, apprendre à travailler ensemble, apprendre à comprendre ses alliés / concurrents, se coordonner pour mener à bien le projet …).

N’oublions pas enfin que les supports digitaux actuellement disponibles permettent de renforcer l’impact de ces serious games par la modernité et l’interactivité qu’ils confèrent à la formation.

Retrouvez toute l’offre de formation de l’Institut de formation de VERTONE 

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